Le mardi 10 février 2026, Arte diffusera une soirée documentaire inédite autour de la Chine.
Chine, la fabrique d'une nation
De la révolution qui a mis fin à la dynastie impériale Qin jusqu’à l’ère de Xi Jingping, la Chine a traversé une mue d’un siècle pour reconquérir sa grandeur. Au travers du combat sans merci que se sont livré les deux tyrans que furent le nationaliste Tchang Kaï-chek et le communiste Mao Zedong, une fresque historique passionnante.
Partie 1 : Le soleil bleu
En 1911, l’empire millénaire des Qin est balayé par une révolution au profit d’une république, présidée jusqu’à sa mort, en 1925, par Sun Yat-sen. Dans son sillage depuis des années, un jeune militaire de carrière, Tchang Kaï-chek, s’impose comme son héritier naturel.
Pétri de valeurs confucéennes, l’ambitieux officier a une obsession : redonner à la Chine sa puissance en rétablissant sa souveraineté et en abolissant les concessions étrangères qui mitent son territoire depuis les guerres de l’opium du milieu du XIXe siècle. Il lui faut aussi mettre un terme au chaos qui embrase des régions entières du pays, où des chefs rebelles se livrent des guerres incessantes.
Après avoir lancé des expéditions militaires contre eux, Tchang Kaï-chek remet un semblant d’ordre dans le pays. Mais d’autres menaces vont bientôt planer sur le "soleil bleu" de la Chine nationaliste qu’il représente : l’agression japonaise en 1931 d’abord, puis l’émergence de Mao Zedong, un communiste révolutionnaire qui rallie à lui les campagnes…
Partie 2 : Le soleil rouge
En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le "soleil bleu" de la Chine nationaliste semble au firmament : elle a récupéré les concessions étrangères et est devenue l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais c'est une illusion. Après des années de guerre et de destructions, corrompue et brutale, elle va être balayée par le "soleil rouge" de Mao Zedong en moins de quatre ans. Surfant sur le sentiment national né pendant la guerre contre les Japonais, les communistes se sont renforcés.
En décembre 1949, un mois après la proclamation d’un nouveau régime par son rival honni, Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan avec 600 000 hommes. C’est une défaite, mais pour lui, la République de Chine incarne toujours la seule légitimité. Pour Mao Zedong, la page de la guerre civile ne sera pas tournée tant que les derniers feux du régime nationaliste subsistent à Taïwan. Alors que le leader communiste tente à son tour de modeler la Chine moderne, le bras de fer entre les deux frères ennemis va se poursuivre après leur mort : les braises de la guerre civile couvent aujourd’hui encore dans le détroit de Taïwan.
Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18
Ils ont entretenu les tranchées, fait tourner les usines, alimenté les chantiers… puis ramassé les morts, au milieu des munitions non explosées. À partir du journal intime de l'un d'entre eux, le destin oublié des 140 000 ouvriers chinois envoyés en France pendant la Première Guerre mondiale.
Entre 1916 et 1918, 140 000 ouvriers chinois partent travailler en Occident, envoyés par le gouvernement de Pékin pour soutenir l'effort de guerre sur le front de l'Ouest. Alors toujours meurtrie par son "siècle de la honte" (cent ans de crise politique, économique et guerrière), la Chine propose cet afflux de main-d'œuvre dans l’espoir de retrouver un siège à la table des puissants. Avant d'arriver à destination, les ouvriers, pour la plupart analphabètes, ignorent qu'ils ont été recrutés pour participer à l'effort d'une guerre dont ils n'ont même pas connaissance.
Pour un franc de 1916 par jour, ils travaillent quotidiennement dix heures, sept jours sur sept. Entretien des tranchées, production à l’usine, chantiers en tout genre, travaux de docker… Déployée sur tout le continent, la main-d'œuvre chinoise, mal considérée et mal traitée, permet pourtant à la logistique française de tenir durant les deux dernières années du conflit. Après la guerre, ces mêmes ouvriers sont employés à nettoyer les champs de bataille et y ramasser les morts. Au prix de leur vie, souvent, du fait du nombre incalculable de munitions non explosées fichées dans le sol.
Chine-USA : la nouvelle bataille du Pacifique
Entre paradis et poudrière géopolitique, les îles Salomon, par leur position dans le Pacifique, subissent la rivalité féroce entre la Chine, l’Australie et les États-Unis. Enquête sur une offensive croisée qui menace la souveraineté du pays.
Plages idylliques de sable fin, palmiers et maisons sur pilotis… Derrière l’image de paradis des mers du Sud, les îles Salomon, par leur position stratégique, suscitent de plus en plus la convoitise de grandes puissances rivales. Alors que la Chine investit dans les infrastructures – des stades aux camions-poubelles – et les soins de santé de l’ancienne colonie britannique, essentielle à ses projets dans le Pacifique, l’Australie et les États-Unis ripostent en augmentant leur aide au développement. Cette lutte de pouvoir acharnée, qui divise la société insulaire, favorise une corruption systémique dans le pays et génère des violences.
État parmi les plus pauvres de la région – ses exportations se limitent au bois, à l’huile de palme et au poisson –, l’archipel mélanésien peine aujourd’hui à refuser les cadeaux de Pékin, qui en profite pour exploiter ses matières premières, pêcher illégalement dans ses eaux et détruire son environnement. En rompant aussi en 2019 avec l’allié Taïwan pour se rapprocher de la Chine, le gouvernement de Manasseh Sogavare, Premier ministre jusqu’en 2024 et toujours influent, a provoqué un basculement. Comment, dès lors, dans cette partie géostratégique aux enjeux qui les dépassent, les îles Salomon peuvent-elles préserver leur souveraineté et leur démocratie ? Et comment ce pays jeune peut-il se construire un avenir, quand les moins de 20 ans représentent 60 % de la population et qu’un jeune sur deux est au chômage ?