Par Benoît
Arte diffusera le mercredi 25 février 2026 à 22h35 le documentaire inédit « Qui veut la peau de la lanceuse d'alerte ? ».
Lourdement sanctionnée pour avoir dénoncé de potentiels détournements de fonds publics, Houria Aouimeur, reconnue par plusieurs instances comme lanceuse d'alerte, s'est heurtée à un mur judiciaire. Retour sur son parcours de combattante.
À l'automne 2018, la juriste Houria Aouimeur est nommée directrice de l'AGS, le régime de garantie des salaires, créé en 1973 et géré conjointement par le patronat et l'Unedic. Quand une entreprise est en cessation de paiement, cette association avance les fonds destinés à verser les salaires du personnel tant que l'activité se poursuit. Ces quinze dernières années, elle a versé près de 26 milliards d’euros à plus de 3,2 millions de salariés. Mais à son arrivée, la nouvelle directrice, dont le prédécesseur est resté trente-huit ans en place, découvre un système opaque, des labels attribués à certains mandataires judiciaires selon des critères obscurs, des avocats bénéficiant de contrats mirobolants et, surtout, des sommes colossales classées en pertes, sans véritables justificatifs ni contrôle.
Un premier puis un second audit révèlent que près de 7 milliards d’euros se seraient évaporés. La nouvelle directrice découvre aussi que certains dossiers de liquidation judiciaire à forts enjeux financiers restent indéfiniment ouverts. Alors que, à son initiative, l’AGS dépose plusieurs plaintes pour vol, corruption et abus de confiance, cette femme à la carrière irréprochable subit des pressions et des menaces qui vont crescendo : porte vandalisée à plusieurs reprises, filatures ostensibles, messages inquiétants... C'est le début d'un engrenage qui aboutit, en 2023, à son licenciement pour "faute lourde", avec des accusations qu'elle récuse point par point. En vain.
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