Ce soir à 20h55, Arte proposera trois documentaires inédits sur le Moyen-Orient.
Dans Gaza
Après le 7 octobre 2023, quatre journalistes palestiniens de l’AFP, piégés dans l’enfer de Gaza et coupés du monde, ont témoigné jour après jour des horreurs et douleurs de la guerre. Une plongée abyssale au cœur de leur quotidien.
Le 7 octobre 2023, après le massacre perpétré par le Hamas, Gaza bascule dans le chaos. Pilonnée en représailles par les bombardements israéliens, l’enclave palestinienne, dont l’accès est aussitôt fermé aux médias par Israël, sombre dans une guerre impitoyable, dont seuls les journalistes palestiniens vivant sur place vont témoigner de l'horreur. Parmi eux, ceux de l’AFP (Agence France-Presse), l’une des trois grandes agences mondiales.
Jour après jour, coupés du monde, ses reporters en gilet pare-balles "couvrent" l’enfer. Dans le fracas des explosions, ils filment les immeubles qui s’effondrent, les hommes et les femmes au regard perdu fuyant la mort, les enfants en sang et en pleurs dans les décombres et les foules affamées de l’exode ; ils photographient les alignements de linceuls blancs et les parents dévastés, comme ce père brisé, son petit garçon exsangue dans les bras, que l'armée israélienne prétendra être une poupée – le Washington Post et le New York Times appelleront le photographe pour vérifier ; ils interrogent sans fin les victimes, quand eux-mêmes perdent plusieurs de leurs proches. En mission, ils documentent une terreur fallacieusement remise en question sur les réseaux sociaux, parfois par les médias étrangers, et leurs reportages ne sont pas toujours publiés. Israël les accuse de collusion avec le Hamas.
Mais à Gaza, à l'inverse, certains habitants les soupçonnent d’espionnage. Piégés, ces journalistes deviennent des cibles, acteurs malgré eux de la tragédie qu’ils chroniquent. Quand l’AFP décide d’évacuer son équipe en 2024, ils quittent l’enclave, dévorés par la culpabilité d’abandonner derrière eux ceux qui restent et rongés par le stress post-traumatique.
Dans l’enfer des prisons syriennes
Un an après la fuite de Bachar al-Assad, les témoignages de deux anciens détenus politiques et, pour la première fois, d'ex-geôliers et membres des forces de sécurité syriennes révèlent l'ampleur des crimes orchestrée par son régime, à l'origine de dizaines de milliers de morts et disparitions en Syrie.
Alors que la Syrie s'apprête à célébrer, le 8 décembre, le premier anniversaire de la chute de Bachar al-Assad, ce documentaire révèle l'étendue du système répressif inhumain mis en place sous son règne de près d'un quart de siècle, notamment à partir des grandes manifestations populaires du “printemps arabe”, en 2011. Arrêtés alors pour avoir réclamé la démocratie dans la rue, les frères Chadi et Hadi Haroun sont restés près de dix ans dans la plus terrible des prisons syriennes, Saidnaya, à trente kilomètres de Damas. Engagés aujourd'hui dans une association d'aide aux ex-détenus de ce centre militaire de détention, désormais vide et à l'abandon, ils y reviennent pour raconter ce qu'ils y ont subi. Pour la première fois, la journaliste Sara Obeidat a convaincu aussi d'anciens gardiens de prison et responsables de la police secrète de témoigner face à une caméra, certains depuis leur exil, d'autres restés en Syrie.
Si leur visage est dissimulé, et si un seul d'entre eux – un ancien conscrit affecté à Saidnaya, qui décrit à la fois son sadisme de tortionnaire d'alors et son dégoût de lui-même aujourd'hui – reconnaît véritablement sa responsabilité, leurs récits révèlent comment le pouvoir syrien a organisé la terreur : surveillance généralisée, endoctrinement des soldats, déshumanisation des “ennemis du peuple”, enfouissement secret des corps dans des dizaines de fosses communes… Plus d'un million de personnes sont passées par les geôles du régime. Des dizaines de milliers d'autres ont été sommairement exécutées, tandis que quelque 128 000 hommes, femmes et enfants enlevés par les forces de sécurité syriennes sont toujours portés disparus.
Syrie, Assad et après
Après des années de guerre et la chute de Bachar al-Assad, les Syriens rêvent de reconstruction et d’un avenir plus juste, tout en faisant face aux tensions ethniques et religieuses et à la pauvreté de leur pays. Reportage, durant un an, auprès d’une population éprouvée.
Syrie, année zéro : le pays traverse une phase de transition difficile depuis la chute de Bachar al-Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Chaara, chef du groupe rebelle islamiste Hayat Tahrir al-Cham, en décembre 2024. La dictature est certes terminée, mais les bouleversements politiques ont mis en évidence des tensions sociales profondément enracinées. Les minorités craignent pour leurs droits et leur sécurité : en mars et juillet derniers, des massacres ont été perpétrés contre les Alaouites, communauté dont le dictateur déchu est issu, et les Druzes, groupe religieux issu de l’islam chiite.
Afin d’éviter que la guerre civile ne se poursuive, les nouveaux dirigeants islamistes de Damas et les Forces démocratiques syriennes, actives dans le nord du pays dans la lutte contre Daech, s'efforcent de trouver un terrain d’entente politique. Dans le même temps, des réfugiés reviennent en Syrie pour miser sur un nouveau départ, dont l'économie aurait également grand besoin : la plupart des sanctions imposées par les États-Unis et l'Union européenne ont été levées en mai, mais l'approvisionnement en énergie reste insuffisant, les infrastructures, défectueuses et les exportations, pratiquement impossibles. Le gouvernement de transition tente de relancer la reconstruction, mais il manque d'argent et de stabilité.
Durant un an, la journaliste allemande Kristin Becker a suivi des hommes et des femmes qui, au milieu des ruines de leur patrie, luttent non seulement pour leur survie quotidienne, mais aussi pour l'avenir de leur pays. Des témoignages poignants mais emplis d’espoir.