Ce mardi 21 octobre 2025 à 20h55, Arte diffusera le documentaire inédit « Planter à tout prix : Des arbres pour sauver la planète ? ».
Cette passionnante enquête sur trois continents (France, Espagne, Portugal, Congo, Brésil) dévoile les mensonges, les intérêts et la menace cachés derrière les immenses forêts industrielles plantées à travers le monde entier au nom de l'écologie.
On n’a jamais planté autant d’arbres à la surface de la Terre. Depuis plusieurs décennies, et plus encore depuis l'accord de Paris sur le climat de 2015, c’est le mot d’ordre pour lutter contre la déforestation, l’érosion de la biodiversité et le changement climatique. Même Donald Trump a proclamé son soutien à la plus spectaculaire de ces initiatives, lancée en 2007 par l’ONG allemande Plant for the Planet, appelant l'humanité à planter "1 000 milliards d’arbres" pour séquestrer une part importante du CO2 qu'elle émet, en reboisant une surface équivalente à celle des États-Unis.
Gouvernements, institutions internationales (dont l'ONU), ONG et multinationales mettent ainsi en œuvre ou favorisent de grands programmes de monocultures forestières répondant le plus souvent aux besoins de l’industrie, à l'instar du plan décennal lancé en France par Emmanuel Macron pour planter un milliard d’arbres d’ici à 2032, subventions à l'appui. Des millions d'hectares d'eucalyptus ou de sapins de Douglas dévorent peu à peu les espaces naturels à travers le monde, forêts ou savanes d'origine étant rasées à coups de bulldozers.
Pourtant, ces arbres à croissance rapide, très gourmands en eau, appauvrissent la biodiversité et sont eux-mêmes plus vulnérables aux risques causés par le changement climatique, notamment aux mégafeux et aux parasites. En outre, leur expansion accélérée s'accomplit au détriment des communautés rurales, parfois expropriées de leurs terres, voire directement menacées dans leur survie par les conséquences de cette politique à courte vue, comme dans le sud du Portugal, où 119 personnes ont péri en 2017 dans les incendies de forêt. Mais outre les profits issus de l'exploitation du bois pour produire toujours plus de cellulose, destinée en premier lieu à la fabrication d'emballages, les plantations industrielles constituent aussi un outil privilégié de greenwashing, via les transactions liées aux compensations carbone.