Ce mardi 28 octobre 2025 à 20h55, Arte diffusera le documentaire inédit « La Nuit de cristal : Les pogroms de novembre ».
Après les avoir exclus de toute vie sociale, les nazis déchaînent leur violence contre les juifs lors des pogroms des 9 et 10 novembre 1938. Commentées par des historiens, des archives rares permettent de raconter ces journées terribles, qui témoignent de la radicalisation de la politique antisémite du IIIe Reich.
Partie 1
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, les nazis déclenchent des pogroms à travers tout le Reich. Au cours de ces heures d’horreur, 1 400 synagogues sont incendiées, des dizaines de milliers d’appartements et de magasins sont saccagés, des habitants sont assassinés, et plus de 30 000 hommes sont arrêtés puis internés dans des camps de concentration. Depuis leur arrivée au pouvoir en 1933, les nazis poursuivent un objectif obsessionnel : se débarrasser des juifs.
Après le boycott de leurs commerces et des autodafés, les mesures discriminatoires se sont succédé à un rythme effréné jusqu’aux lois de Nuremberg de septembre 1935, qui ont donné un cadre légal à cet apartheid racial. Tandis que l’émigration des juifs allemands est néanmoins restée limitée, la politique d’expansion de Hitler, qui a annexé en 1938 l’Autriche puis les Sudètes, a jeté des milliers de familles sur les routes, effrayées par les débordements antisémites. Le 9 novembre 1938, l’annonce du décès d’Ernst vom Rath, secrétaire de l'ambassade d'Allemagne à Paris, abattu par le jeune Herschel Grynszpan en signe de protestation contre l’expulsion des juifs polonais vivant outre-Rhin, sert de prétexte à un déchaînement de violence sans précédent.
Partie 2
Dès le 10 novembre et dans les jours qui suivent, des convois acheminent les 30 000 hommes juifs arrêtés vers les camps de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen, tandis que les pillages et les humiliations se poursuivent. Sommet de perfidie, le régime nazi décide de faire peser la réparation financière des dégâts – colossaux – sur les victimes. Il s’agit, par la violence massive, l’intimidation et le vol légalisé, de contraindre les juifs à l'exil – condition à la libération des prisonniers –, en abandonnant leurs biens derrière eux. Les réfugiés, qui se heurtent aux réticences de nombreux pays à les accueillir, affluent dans les ports d’Europe de l’Ouest, d’où ils embarquent parfois pour le bout du monde. Pendant ce temps, Hitler poursuit sa marche en avant : après l’invasion de la Pologne, le 1er septembre 1939, et le début de la Seconde Guerre mondiale, la fureur nazie, qui change alors d’échelle, va rattraper une partie de ceux qui avaient cherché à lui échapper.